Une jolie surprise que ce début d’expérience sur Twitch ! (pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, rendez-vous sur mon article précédent : La plume reprend du service) Si la première nuit d’écriture n’a rien donné (en termes d’interaction avec de potentiels visiteurs, pas en termes de composition de texte), les suivantes ont été bien différentes.

Figurez-vous que j’ai eu de la visite sur la fenêtre de conversation (ou ‘chat’ pour les initiés). Lorsque la première personne s’est manifestée, j’y croyais à peine. Et oui, j’étais sincère quand je confiais dans mon précédent billet que j’avais très peu d’attentes quant au résultat de cette expérience. Cela peut paraître idiot, ce n’était juste qu’un illustre inconnu ayant tapé quelques mots depuis son clavier, loin de chez moi. Toujours était-il que sur le coup, j’ai apprécié le fait que ce projet suscite la curiosité. Bref, j’ai bien entendu répondu à cet illustre inconnu – qui d’ailleurs s’est dévoilée être UNE illustre inconnue, étudiante dans le milieu littéraire – et nous avons alimenté une conversation, en même temps que je poursuivais l’écriture de ma prose.

Un peu plus tard dans la nuit, un symapthique montpelliérain de 23 ans nous rejoignait. Puis un troisième larron, puis un quatrième… Le monde appelle le monde. Alors certes, sur Twitch, il n’est pas rare de trouver des chaînes captivant des milliers de spectateurs en direct. J’en suis loin. Mais se retrouver à 6-7 sur ma chaîne, pour moi c’était Woodstock ! Une nuit euphorique lors de laquelle j’ai eu bien de la difficulté à poursuivre mon écriture tant les échanges avec le chat ont accaparé mon esprit. D’ailleurs, sur la fin de la session, je n’écrivais même plus.

Il s’est passé à peu près la même chose lors de la troisième nuit. J’ai à peine eu le temps d’écrire une dizaine de lignes qu’on bon petit gars qui m’avait rendu visite la veille en fin de session venait me passer le bonsoir. Un bonsoir qui s’est transformé en conversation vocale en direct via le logiciel Discord. Puis de fil en aiguille, et je suis bien incapable de vous expliquer le pourquoi du comment, nous nous sommes retrouvés à quatre sur Discord à débattre et discuter écriture, puis arts, puis de tout et de rien, et surtout de n’importe quoi.

Au final, en quelques nuits, je n’ai pas avancé aussi rapidement qu’à l’époque de mes sessions sur mes deux premiers ouvrages. J’en suis à peine à une quinzaine de pages pour quasiment autant d’heures consacrées à ‘Dictateur Gentil’ (pour rappel, le titre provisoire de ce nouveau roman en création). Mais pour autant, j’en suis satisfait. Je prends pas mal de temps à échanger et à apprendre des choses par le biais de mes spectateurs internautes. L’avantage d’animer ce genre de chaîne sortie de nulle part, c’est que mes visiteurs sont systématiquement des curieux avec une ouverture d’esprit particulièrement aiguisée. Pour donner une idée, l’un d’eux est un dessinateur professionnel m’ayant expliqué par mal de choses sur le milieu du crowdfunding (financement participatif) et certaines de ses alternatives. Vraiment intéressant pour moi étant donné que j’en prends la direction. Et puis, pour revenir à ma vitesse/lenteur d’écriture, je suis réaliste, si je suis plus lent à composer mon roman, c’est simplement car je dispose de moins de temps. Il y a deux ans, lorsque je démarrais mon expérience d’écrivain, bébé n’était pas encore là. 🙂

Peu importe ce que l’avenir me réserve, l’expérience Twitch est pour moi déjà une réussite. Lire des paroles sympathiques à mon égard, répondre à des questions sur mon roman en travaux, constater que mes premiers spectateurs reviennent. Tout cela est valorisant. L’écriture d’un roman est un marathon, des applaudissements sur le circuit sont toujours appréciables et font plus facilement oublier la fatigue.