Mes p’tits loups, je peux enfin me permettre d’allouer un peu de temps à l’écriture et après 2 ans de pause, je me sens plus que prêt à entamer la composition d’un nouveau roman… MAIS !… J’ai besoin d’un sérieux échauffement. La bafouille que vous allez lire fera office de mise en jambe : Vous vous rappelez peut-être de Greg Waden, ce confrère auteur à propos de qui j’ai parlé dans Tout est de sa faute ! Ce bougre s’est vu éditer son premier titre dans le domaine du thriller/policier chez Ravet Anceau dans la collection Polar en Nord, ce qui n’est pas rien. En bon ami (ce que j’essaie d’être non sans mal), je me suis empressé de l’acheter lors d’une séance de dédicace au furet à la sortie de son livre (la photo illustrant cet article est un témoignage de cet instant). Je lui ai promis de le lire rapidement et de lui fournir un retour un minimum développé.

Contrat rempli quant à la lecture, ce fut rapide. Concernant le retour, j’étais sur le point de le taper tranquillement sur un document texte et lui envoyer et puis je me suis dit, ‘J’ai besoin de redonner un peu de vie à la partie blog de mon site d’écrivain, et pourquoi pas m’improviser critique littéraire ? L’exercice est nouveau et (donc) amusant pour moi. Allez, je le publie ici en improvisation totale !”

Attention, je vous préviens par avance, cela risque d’être décousu. Il est probable que je balance les idées comme elles me viennent mais dans le fond, cela rendra la prose plus vivante.

Dans ce livre, nous suivons les péripéties d’Alexis, un bourguignon, qui tombe amoureux d’une nordiste via un site de rencontre. Cette dernière lui pose un lapin alors qu’il l’attend à la gare pour la rencontrer pour la première fois. Il sait qu’il lui est arrivé quelque chose car il ne conçoit pas qu’elle puisse ne puis lui donner signe de vie délibérément. S’ensuit une enquête qu’il mène en montant dans le Nord. Par la même occasion, cela lui permet de découvrir notre région du Nord  qui semble l’enchanter. Découvrir, ou revisiter…

Je démarre par un point essentiel déjà évoqué dans l’introduction de cet article, j’ai lu le livre rapidement. Cela peut sembler idiot mais vous pouvez y voir un premier signe positif. Je ne suis pas un lecteur assidu, je n’ai simplement jamais vraiment pris le réflexe de lire du texte sans image, donc si je lis un livre plutôt rapidement, c’est que soit il se lit facilement, soit je vais trop souvent aux toilettes. (bah quoi ?) Bien entendu, il serait facile de dire que c’est plus simple de lire quelqu’un qu’on connait personnellement. A cela je vais répondre un gros NON, suivi d’un Carrément pas ! En guise de justification, je peux vous dire que j’ai vécu l’expérience inverse avec Arthur, un autre livre de Greg Waden. Le récit est d’un genre différent, il est biographique et Greg a co-écrit le livre avec la maman du petit Arthur. De ce fait, Greg n’a eu comme seule liberté artistique que la romanisation de ce fait réel. Bref, je ne suis pas allé plus loin que la page 26 d’Arthur, ce n’était pas un plaisir à lire pour moi. Les 250 pages de La Disparue Du 5701 ont été beaucoup plus plaisantes.

Il y a du bon, et du moins bon. N’étant en revanche pas du tout fan du genre thriller/polar, mon regard risque d’être bien différent de celui d’un amateur de ce genre et en toute logique, seul l’amateur de ce genre devrait lire ce livre. Cette belle phrase pleine d’inutilité pour vous dire qu’en gros, mon avis n’a de valeur que pour celui qui en accorde hein ! 😉

Dans le bon, je commence par la fin. Je ne peux me permettre de vous révéler la fin, je vous laisse le soin de la découvrir par vous-même. En tout cas, tout au long du livre, je n’ai eu cesse de monter certaines hypothèses, d’en défaire, d’en reconstruire d’autres, d’avoir des certitudes, pour au final, découvrir que j’étais passé à côté. Bon clairement, c’est le jeu de ce bougre de Greg, c’est aussi pour cela qu’il affectionne ce style littéraire, il prend un malin plaisir à faire diversion pour apporter sa petite surprise. Je connais peu de personnes aimant se tromper, mais là au moins, je suis ravi de m’être planté, j’aurais été déçu par la fin prévisible à propos de laquelle je m’étais fait une raison. Mais…

Mais cette fin surprenante est pour moi également une faiblesse dans le récit. J’ignore encore comment je vais développer cette idée sans dévoiler quoi que ce soit. Je vais essayer… Si j’ai aimé ne pas avoir prévu la fin, j’aime moins ne pas avoir eu l’occasion de la prévoir. Car au regard des indices disséminés ça et là dans le livre, c’est impossible de théoriser de manière juste sur le dénouement. Tout du moins, pas avec (relative) précision. Alors peut-être, ce sentiment est dû à mon inexpérience de lecteur thriller/polar, peut-être que ce procédé est classique dans le genre pour éviter justement une fin aisément prévisible. Aucune idée. Ce qui compte, c’est que cet élément n’a tout de même pas gâché ma bonne expérience de lecture.

L’action se déroule principalement dans notre secteur, en bonne partie à Lille, et mieux encore : Une partie se déroule à Wavrin, notre bon vieux Wavrin. De connaître ces lieux atténue certes l’effort d’imagination, mais c’est bien peu comparativement au côté immersif complètement décuplé. Mention spéciale au lieu de la scène final : Dans mon projet avorté de roman Wavrin FM, je comptais également utiliser ce lieu. Comme quoi, il inspire les plus grand ! 😀

Au niveau du traitement des personnages, j’y ai retrouvé la passion de Greg Waden pour le théâtre. Notamment au niveau des dialogues, plutôt vivants et bien construits. Nous y trouvons parfois un peu d’humour bienvenu, juste ce qu’il faut pour ne pas décrédibiliser la trame narrative. En ce qui concerne le personnage d’Alexis, il semble pas mal paumé tout au long de l’histoire et je suis presque certain que Greg l’a développé dans ce but, ça marche bien, effet réussi, je ne m’y suis pas attaché plus que ça et ça ne m’a pas frustré. Je suis en revanche bien plus sceptique à propos de Clémentine que l’on voit apparaître assez rapidement dans le texte : Je trouve ses agissements et attitudes d’une logique assez faiblarde, c’est clairement elle qui m’a fait émettre mes fameuses hypothèses faussées quant au dénouement de l’histoire. En d’autres termes, elle m’a mis dedans cette connasse. Facilités scénaristiques ? Je pense que oui. Attention, rien de grave, elle a bien sa place dans le récit. Tous les autres protagonistes – les seconds rôles – sont bien à leur place. Occupant la place là où il faut, quand il le faut. Je n’ai pas eu le sentiment qu’il y en ait un de trop. C’est équilibré et maîtrisé. Soit ils ont un vrai rôle, soit ils sont de bonnes extensions des personnages plus importants. (Je pense par exemple à la mère d’Alexis)

A la lecture, j’ai eu beaucoup de facilité à imaginer les scènes et là je reviens sur l’aspect théâtral de la chose. C’est étrange à dire pour un livre, mais je le trouve très visuel.

Dans le style d’écriture, c’est propre, c’est fluide et c’est surtout abordable, pas de branlette littéraire à pondre des mots de 18 syllabes pour jouer les écrivains érudits élitistes. Greg Waden, c’est de l’humain dans le texte comme en vrai.

En bilan, (bah oui, je peux en dire encore plus mais un article trop long ne se lit pas, alors j’abrège grossièrement, mouarf mouarf) et le plus important, c’est que ce fut un plaisir à lire malgré ma non-affinité pour le registre thriller/polar. J’avoue par ailleurs avoir eu plus de facilité à le lire que ses deux premiers romans heroïc-fantasy (pourtant plus proches de mon registre). Selon moi un signe que le Greg Waden est plus à son aise dans cet univers.

Bravo à toi Greg pour ce bon p’tit bouquin. Si tu en ponds un nouveau dans la même veine, je l’achète les yeux fermés.

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