Si je vous dis que j’ai vu vampires, loups-garous et zombies à Angoulême le week-end dernier, il est fort probable que vous ne me croyiez pas. Alors si j’ajoute que je suis le responsable de cette vision, que c’est moi qui ai amené ces créatures de la nuit dans cette belle contrée qu’est la Charente, vous me prendrez pour un fou. Et bien, vous auriez en partie raison. Pourquoi en partie ? Car il faut être un peu fou pour aimer pratiquer le loisir que je suis sur le point de vous présenter… Etre un peu fou ?… Non, disons plutôt avoir conservé une âme d’enfant.

Sur la fin de mon séjour de quatre ans au collège, un ami a eu la bonne idée de me faire découvrir un jeu de stratégie proposant de vivre des batailles épiques à l’aide de figurines, le tout dans un monde fantastique clairement inspiré de l’univers du Seigneur des Anneaux du très célèbre J.R.R. Tolkien (nains, elfes, orques, morts-vivants, dragons…). Lors d’une partie, deux joueurs s’affrontent, chacun dirigeant une armée – assemblée et peinte par ses soins – sur un champs de bataille mesurant généralement 1m80 sur 1m20 et agrémenté de quelques décors.

Oh, j’ai oublié de vous prévenir ? Oui, cet article n’a aucun rapport avec l’écriture. Mais je vous avais prévenu, cet été, je compte me faire plaisir avec certains ‘hors sujets’, à l’instar de celui-ci. Je trouve cela amusant de vous proposer quelques lignes à propos de cette passion ayant occupé une quinzaine d’années de ma vie.

Peut-être vous-êtes vous posés cette question : “Mais… Jack est du Nord, pourquoi parle-t’il d’Angoulême ?”. Tout simplement car je fais partie de la communauté des compétiteurs de ce jeux, de ces personnages atypiques prêts à manger 14 heures de route sur un week-end pour aller disputer 6 parties dans l’unique but de se mesurer aux autres. Samedi et dimanche dernier était organisé à Angoulême “l’inter-régions” du jeu que je pratique. Le gros tournoi annuel par équipe de 6 (un concept original car ce jeu est avant tout individuel), chaque équipe représentant une région de France. En l’occurrence, j’étais membre du sextet Nord Pas de Calais qui terminera sur le podium, en deuxième position derrière celui du Centre.

Bien entendu, je n’ai nullement l’intention de développer l’ensemble de mes parties du week-end ni de vous expliquer le fonctionnement du jeu, cela vous ennuierait totalement. Je vais plutôt vous donner quelques éléments en vrac pour que vous vous fassiez une idée de ce genre d’expérience :

Le voyage en voiture est toujours un bon moment. (Voyage qui dure presque autant de temps que le tournoi lui même. 14h allez-retour contre 15h pour les 6 parties jouées) A l’aller, les discussions sur le jeu vont bon train. Débats à propos des meilleures manières d’aborder une partie contre tel ou tel type d’armée, pronostiques sur le résultat final, appréhensions, puis quelques échanges de théories à propos de la prochaine saison de Game of Thrones… Au retour… Et bien ça discute encore énormément à propos du jeu et ça se projette à propos de l’édition de l’année suivante.

Les veillées agrémentées des traditionnelles parties de Perudo et de Zombies, des jeux que nous appelons – selon notre jargon particulièrement fleuri – des ‘jeux de putes’. Oui je vous avais prévenu, c’est fleuri !

La communauté est soudée malgré l’éloignement géographique de ses membres. L’ambiance est plus que plaisante et lors de gros tournois comme celui-ci, on peut trouver certains joueurs exhiber davantage leur côté grand enfant en venant costumé. En jetant un oeil à la photo ci-dessus, vous constaterez des ‘bioumans’. Ah ces normands ! 😀 C’est un exemple parmi tant d’autres. En quinze ans de tournois, j’ai déjà croisé pas mal de spécimens aussi riches en couleurs… Et en culot. Il m’est d’ailleurs arrivé de jouer moi aussi le jeu.

Si les tournoyeurs ne représentent qu’une infime minorité des joueurs de ce jeu, ils ne sont pas tous des compétiteurs acharnés. Certains ont d’autres attentes de ces rassemblements de passionnés. Certains généraux privilégient l’aspect esthétique du loisir et jouent des armées d’un niveau de peinture exceptionnel (voire à sculpter eux-même certaines figurines). Des prix sont souvent attribués aux plus belles armées. D’autres joueurs sont simplement animés par l’envie d’affronter de nouveaux joueurs, de sortir de leur cercle habituel… Bref chacun y trouve son compte.

Cet univers dépayse, il déconnecte. 3 jours sans internet, sans ordinateur et entre copains… Vivement la prochaine !