Dix jours se sont écoulés depuis ma participation à la fête du livre d’Auchy Les Mines (dimanche 19 mars 2017). Je n’ai pas saisi la plume depuis (à ce rythme, Wavrin FM sort en 2045) mais il parait qu’il n’est jamais trop tard. C’est parti pour un retour d’expérience personnelle.

Lorsque je suis arrivé à la salle (une trentaine de minutes avant l’ouverture au public), j’ai senti comme une légère angoisse au sein de l’équipe organisatrice. Mais pas la mauvaise, je parle ici de la bonne angoisse, celle qui accompagne quasi-systématiquement ceux qui veulent bien faire les choses. D’ailleurs cela n’occultait en rien la bonhomie naturelle de ces mêmes organisateurs. Je n’ai pas fait attention à l’heure ce matin là, il me semble en tout cas qu’à 10 heures précises, (l’horaire officielle d’ouverture) la plupart des stands n’étaient pas prêts. Bien entendu, le mien non plus.

L’appréhension des organisateurs s’est vite dissipée pour laisser place à une atmosphère familiale. J’ai aimé leur sens de l’accueil : ils ont été aux petits soins avec nous, les auteurs invités. Mention spéciale à Carole – la responsable de la bibliothèque d’Auchy (et si je ne dis pas de bêtise, l’orga en chef de l’événement) – un personnage passionné et dévoué qu’on ne peut qu’apprécier. Son compagnon Eric – photographe de la journée – tout aussi délicieux dans son style. Et puis la prise en charge du repas au midi, les thés (ou cafés) et biscuits/viennoiseries à discrétion dans la ‘pièce secrète’. J’ai littéralement tué le lot de gaufrettes, hi hi hi.

La salle n’était pas très grande et de ce fait, le principe du stand d’auteur représentant son salon/univers n’a pas été poussé au maximum faute de place. Cela dit, chacun avait son espace ‘privatif’ avec son meuble de rangement, sa mini-table, ses deux chaises et sa plante verte. (je n’ai pas trouvé mieux que d’y fixer un drapeau de pirate en guise de déco faute d’avoir mieux pour représenter mon univers = ‘epic fail’). Toujours bien plus convivial que le salon lambda et ses auteurs installés à la chaîne. Le point positif d’une salle de taille modeste, c’est qu’il suffit de peu de fréquentation pour donner l’impression d’une affluence respectable. C’était le cas ce jour là, je n’ai pas vu énormément de monde défiler, néanmoins la salle n’a jamais semblé vide.

Si mes ventes furent minimes, j’ai pu faire des rencontres intéressantes. Deux professeurs de français sont venues me présenter leur projet : Monter un salon du livre au sein de leur collège, organisé de A à Z par leurs élèves. (avec un minimum d’encadrement, cela va de soi) J’ai tout de suite adhéré au projet, j’aime l’idée d’intervenir dans les écoles. Je peux donc vous annoncer que je participerai au salon du livre du collège Albert Schweitzer de La Bassée le samedi 10 juin de 10h30 à 18h. J’ai également fait la connaissance d’autres auteurs qui valent la peine en tant que personne. (je n’ai pas encore pu juger cela au travers de leur prose… j’y viens dans le paragraphe suivant) Je n’ai pas échangé avec mes voisins de gauche qui avaient décidé de tirer la tronche toute la journée (si j’ai bien compris, vexés que le libraire – très occupé du matin – ne soit pas venu leur dire bonjour) mais mon voisin de droite était un régal : Paul Masson, un ancien d’environ 80 ans encore en bonne forme et ressemblant de manière frappante à mon instituteur de CP. Je n’ai pu résister à acheter le livre qu’il présentait.

J’ai vendu 4 bouquins, j’en ai acheté 3, je suis donc perdant niveau financier et ce n’est pas une erreur de calcul. (ces sagouins 😀 vendent leurs livres plus cher que les miens, de plus, dans ces salons, les livres ne sont pas vendus par l’auteur mais passent par un libraire qui prend sa commission) Mais cela, ce n’est pas grave, j’avais déjà compris qu’écrire était un attrape-nigaud pour 99% des auteurs. (enfin, si on ne regarde que l’aspect financier de la chose, car cela enrichit considérablement, mais cela, je pense l’avoir déjà rabâché plusieurs fois sur ce blog) Si un jour je fais partie du 1% qui va bien, je pourrai payer un MacDo à ma jolie épouse sans sourciller.

Le seul bémol à cette journée, c’est que je ne me sens pas à ma place dans ce genre d’événement. J’ai la forte impression d’être très peu crédible en tant qu’auteur. Je n’ai pas la personnalité ni l’apparence de l’écrivain contemporain, je ne partage pas leurs codes. Alors ce n’est peut-être qu’une impression, en tout cas lorsque j’entends converser les autres écrivains, cela m’emmerde au plus haut point. Il y a quelque chose de grotesque là-dedans : l’air supérieur couplé à un humour peu subtil mais surjoué pour dégager un aspect faussement cool… Non cela ne marche pas pour moi. Et je ne vous parle pas des ‘moi je’ incessants. A croire qu’ils ont tout fait, tout vu… (j’ai tendance à le faire, mais uniquement sur ce blog, comme ça je ne bassine personne dans ‘la vraie vie’) Alors tous mes confrères ne sont pas ainsi, mais j’ai quand même le sentiment qu’ils sont nombreux dans ce cas.

Bilan, une très bonne journée en tant qu’auteur, merci à Carole et toute la tribu d’Auchy Les Mines.