Attention, titre en semi-bluff ! Et oui, il m’est impossible d’avoir rencontré ce bon vieil Albert Schweitzer, il est mort une vingtaine d’années avant ma naissance, ou alors je m’appelle Marty McFly… Mais ce n’est pas le cas. Non non, ici je cause du collège Albert Schweitzer à La Bassée. Mais avant d’aller plus loin, un bref retour en arrière s’impose :

J’ai écris un article sur la fête du livre d’Auchy Les Mines en mars de cette année. Pour vous la faire courte, à un moment j’y relatais avoir été approché par deux sympathiques profs de français en quête d’auteurs à inviter au 1er salon du livre de leur établissement. (pfiouuu, quelle longue phrase interminable ! On sent que j’écris très peu en ce moment alors quand cela arrive, je me lâche.) Intéressé par le concept de l’échange avec les collégiens (j’en encadre déjà à Wavrin dans un milieu associatif et j’apprécie), l’invitation était acceptée sans aucune hésitation. Cela s’est passé le samedi 10 juin 2017 si j’ai bonne mémoire, et… Oui, nous sommes le 6 décembre. Mais que voulez-vous, un doux rêveur a rarement la notion du temps. Et comme je l’ai déjà répété ici, je fais ce que je veux ! … Oups j’ai failli oublier le rire malicieux (et à la con) pour atténuer ce dernier point d’exclamation : Hi hi hi.

Ce qui suit repose donc sur mes souvenirs, j’oublierai sans doute certains détails que j’ai pu trouver importants à souligner quand le salon a eu lieu, pas grave car nous sommes si peu de choses à l’échelle de l’univers. (Grand merci à Mr Bateau pour m’avoir soufflé une pensée aussi triviale me permettant une jolie pirouette cacahuète), allez j’entame mon récit :

J’arrive donc ni en retard, ni à l’avance mais bien à l’heure prévue pour parodier ce bon vieux Tolkien sous les traits de Gandalf. Il fait une météo d’enfer, ciel bleu, début de chaleur malgré le matin. Seul dans ma bagnole avec du System Of A Down à fond comme un gros branleur. Mais les vitres fermées pour faire un peu moins gros branleur. Je suis surpris de voir une marée de jeunes en T-Shirt blanc à l’entrée du parking des profs (et donc ce jour-ci, des exposants, auteurs, libraires), à partir de ce moment précis, je suis pris en charge voire même chouchouté par ces petits bonshommes qui me rappellent moi une vingtaine d’années plus tôt. (Ouch, ça pique ce coup de vieux) Sauf qu’ils ne me rappellent pas totalement moi plus jeune car eux sont adorables.

Tout ce jeune monde a été bien briefé et cela se ressent, ils donnent tous l’impression de maîtriser leur rôle (accueil, restauration, communication, etc), je n’en trouve pas un qui me semble à côté de la plaque. C’est à se demander s’ils ont des cancres dans ce collège. Ah bah oui, ceux qui n’ont pas de T-Shirt blanc, ceux qui traînent en ersatz de gang dans le coin du hall lors de l’inauguration du salon, pendant les discours des officiels. Les rebelles indomptables, les trop oufs de la life quoi ! Un truc sur les livres, mais c’est trop nul. N’empêche qu’ils sont quand même là ce matin. Ah oui, j’ai deviné, il y a le petit déj’ gratis. Bon je me dévoue, je me blinde la panse, mieux vaut moi qu’eux. Et re hi hi hi pour atténuer le côté égoïste de mon dernier propos. Par ailleurs je ne parle pas des enseignants qui tirent les ficelles d’une main de maître tout en sachant rester en retrait lorsqu’il le faut pour laisser leurs élèves prendre les bonnes initiatives. Oui, niveau organisation c’est le top.

Et puis il y a Bastien – élève de 3ème qui était mon correspondant avant le jour J – qui vient me trouver. Je peux enfin découvrir sa bonne bouille. Il est intimidé mais ne m’a pourtant pas l’air si timide. Nous échangeons, je me rends compte que l’orthographe approximatif de ses mails cachent un personnage à la tête bien faite. (hélas, l’orthographe meurt un peu plus avec chaque nouvelle génération) Je comprends rapidement pourquoi Bastien est intimidé : En plus d’être ‘correspondant’, il doit animer le salon avec des interviews au micro. Et là, je dis respect car à 14 piges, la tâche n’est pas aisée. A sa place, je me serais clairement chié dessus ! (non, je ne suis pas désolé pour cette expression car elle vous a fait sourire, avouez-le, le pipi caca est une valeur refuge du comique.)

Parlons-en de ces interviews. Devinez qui est interviewé le premier. Bah oui, c’est bibi. Bon c’est flatteur, une prof m’explique que Bastien préfère démarrer avec moi car je le mets à l’aise (pas croyable, c’est rare que j’y parvienne). Bon au final, c’est un fiasco total, le micro fonctionne mal, l’enceinte merde un peu aussi. Un deuxième micro est amené, ce n’est pas beaucoup mieux. C’est le seul couac de l’organisation mais franchement rien de bien grave, j’étais mal embarqué dans mes réponses trop ‘cool/dégagées’ pour respecter les codes de ce milieu sérieux. Bref, l’interview avorte et il n’y en aura pas d’autres de la journée.

Les auteurs sont installés deux par deux. Je découvre un super voisin – Pierre Arnaud  Francioso – qui écrit des choses dans le même esprit. Il me ressemble pas mal dans le genre, il a également un côté nonchalant qu’il dissimule bien mieux. Il est plus avenant avec les visiteurs, bref, un genre de moi 2.0. J’active mes capacités de mimétisme, ce type là est un bon modèle. Il est rafraîchissant, il fait du bien au milieu (selon mon regard).

Arrive le moment que je redoute : Le repas de midi. Il se déroule en deux services (faute de place car le salon se déroule dans le réfectoire du lycée) et le hasard m’amène à être séparé de mon compagnon de stand. Devoir me mélanger avec les autres auteurs dont je ne partage pas les codes éveillent la crainte de m’emmerder et finalement… Et bien oui, je me fais grave chier comme un bon rat mort. Mon regret est de ne pas oser m’imposer dans la pièce d’à côté avec les collégiens, moins imbus de leur personne. En plus ces filous ne mangent pas de buffet froid mais un putain d’hamburger frites. Je suis encore un collégien dans l’âme.

Le reste de la journée se passe bien. comme lors de mes deux salons précédents, je vends peu (5 bouquins il me semble dont 3 achetés par les profs et/ou le collège), c’est à la fois anecdotique et logique car il n’y a pas une foule de visiteurs. Peu importe, la journée est belle, je croise quelques têtes connues. Je découvre une cousine éloignée que je ne connaissais pas. La famille passe me rendre visite. Les collégiens sont amusants et certains abandonnent leur timidité au fil de la journée. Le bilan global est très bon. Actuellement, les salons ne m’attirent plus tant que cela mais si Albert Schweitzer m’invite l’année prochaine, je réponds présent sans réfléchir.

Pour conclure, je vous invite à vous renseigner sur la vie d’Albert Schweitzer. Dans le genre humaniste, il est pas mal non plus celui-là.