C’est important de se remettre en question de temps à autre. Pour ma part, cette dernière phase de questionnement personnel dure depuis déjà quelques semaines et je commence à peine à entrevoir la sortie. Cela fait un moment que je pense à rédiger un billet ici à ce sujet. Si je le fais aujourd’hui -un 31 décembre- n’y voyez qu’une simple coïncidence : cela n’a rien d’un bilan de l’année écoulée, je ne fais que vous partager quelques réflexions.

Cette remise en question s’articule autour d’une question simple que je vous retranscris ici de manière brute, telle que je l’ai pensée il y a peu: ‘Mais qu’est ce que je fous avec ce délire de vouloir être écrivain bordel de merde ?’ Notez que le jour où je me suis interrogé de la sorte, j’étais d’une humeur plutôt maussade. Bien entendu, ce n’est pas la forme que nous développerons ici mais bien le fond de cette problématique. (Mince, en relisant cette dernière phrase, j’ai l’impression de boucler une introduction de dissertation de philosphie, brrrrrr !) La question est légitime, tout ce temps dépensé en compagnie de mon imaginaire, mon traitement de texte et ‘l’extérieur’ (premiers échanges et retour à propos de mes écrits, mon premier salon, ma première sortie à Wavrin en tant qu’écrivain…) vaut-il la chandelle ?

Si je me réfère à un bilan financier de la situation, je peux lâcher un gros non en guise de réponse, voire un NON7 ! (et le 7 n’est pas une erreur de frappe, il fait partie intégrante du ‘non’ tapé en majuscule et avec puissance sur un clavier… dont la touche 7 est voisine de la touche entrée.) Ce n’est pas une surprise, sur mes 150 exemplaires commandés (Saphyra et Nouvelles de la Surface confondus), il m’en reste encore une bonne quarantaine. Et même si tout était parti, je serais loin d’être rentabilisé. Aucun problème car cela découle toujours de la même logique: j’ai à peine commencé à sortir de mon antre pour me faire connaître et je ne suis qu’un parmi tant d’autres (même si je suis persuadé du contraire, je suis bien le seul à le penser). Ce n’est pas le bilan financier de cette première année d’aventure qui a provoqué cette remise en question, c’est plutôt…

Niveau moral, je vais ressortir l’expression ‘en dents de scie’, mais diable que cette scie est longue. Non pas longue, elle est infinie. Le paradoxe qui hante cette expérience d’écrivain est gigantesque: C’est génial d’imaginer et de mettre en forme les fragments d’imagination qui deviendront plus tard de belles histoires (ou très moche selon les cas), le tout dans mon petit coin bien à l’abri ‘des autres’ (je vous avais déjà prévenu à propos de ma misanthropie ?). Et pourtant, la solitude tant désirée est par moments compliquée à vivre. J’ignore comment les autres écrivains (les très nombreux qui sont dans le même cas) le vivent, je rencontre quelques périodes durant lesquelles je suis incapable d’avancer, ou alors le peu que je fais me semble archi-nul, plus encore que d’habitude. Il y a des moments où la seule personne ayant le pouvoir de nous motiver, c’est nous-même. Hélas parfois cette seule personne est éprouvée.

Fort heureusement, il m’arrive parfois de recevoir un message sympathique d’encouragements. Entendre son téléphone biper un soir et découvrir le SMS de quelqu’un qui a acheté Saphyra il y a 10 jours et qui me confie l’avoir dévoré procure une grande joie accompagnée d’un soupçon de fierté. C’est bête à dire, mais ces instants fugaces réussissent à écarter l’idée d’abandonner cet univers. Car oui, ces derniers temps, l’idée de mettre un terme à cette expérience d’écrivain m’a effleuré l’esprit. Ce n’est peut-être pas quelque chose qu’il faut dire, cela me décrédibilise peut-être. Peu importe, je suis humain et je ne pense pas prendre beaucoup de risque en disant que n’importe qui a déjà été confronté à cette idée alors qu’il faisait face à une tâche particulièrement ardue. Même les plus grands. Ce serait du gâchis, vous ne pensez pas ? ‘Lâcher l’affaire’ aussi vite.

L’élément le plus délicat est le temps et l’implication. En réalité, le problème est surtout là. J’ai l’agréable manie de m’impliquer dans ce que je fais. Je suis un passionné qui hélas, cultive plusieurs passions. Avec toute la volonté du monde, je ne peux être totalement concentré à la fois sur mon équipe de cadets au basket, mon groupe de jeunes danseurs, mes nouveaux projets professionnels et l’écriture (sans parler des projets parallèles comme la BD avec le padawan). Lorsque j’ai démarré dans ce dernier domaine, j’y avais volontairement alloué un maximum de ma concentration. Aujourd’hui, je ne peux plus me le permettre. Cela impacte logiquement ma motivation car j’ai le sentiment d’avancer bien moins vite. (une trentaine de pages en 2 mois depuis le lancement de l’écriture de Wavrin FM alors que pour Saphyra, j’avais déjà dépassé la centaine de pages à cet instant T). Comme disait Eddy Merckx ou le Che Guevara (ou les deux), une révolution c’est comme une bicyclette, si elle n’avance pas, elle tombe. Le principe est ici le même au sujet de la motivation.

Je vous épargne le reste de ce qui a trotté dans ma tête ces derniers temps car je viens de jeter un œil à l’heure et si je continue, je vais être en retard pour la soirée sur le thème du 5-4-3-2-1-bonne annéeeeeeeeee ! Ouaaaaaais ! On fait trop la fête ! On est trop dans le coup ! (vous avez vu ? quelle maîtrise du sarcasme, je repasse devant Sheldon)

J’écrirai une autre bafouille centrée sur Wavrin FM, mon projet actuel. Là aussi j’ai beaucoup à dire car si le projet m’enthousiasmait durant ses prémices. Je me suis mangé un méchant blocage (normal, tout est lié) qui m’a bien fait réfléchir. Une histoire de lâcher prise, je vous raconte cela très bientôt.

En attendant, amusez vous bien ce soir, ne faîtes pas trop les cons… En fait, si, faîtes bien les cons, c’est le but de ce genre de soirée. Mais de grâce, ne tuez pas d’innocents sur les routes.

Gros bisous et à l’année prochaine !