Elles sont hélas bien trop fréquentes ; Nous en mangeons à longueur de temps ; Elles font mal aux oreilles à chaque fois que nous les entendons… D’autant plus qu’à force d’y être confrontés, nous finissons inconsciemment par les utiliser à notre tour, cela pour le plus grand malheur de notre bonne vieille langue française ! Oui, je parle bien de ces expressions à la con. Cela m’amuse de vous partager mon ressenti à ce propos. Ce billet n’est pas un coup de gueule mais plutôt un doigt pointé sur un ‘phénomène’ qui à tendance à me donner des boutons. Allons donc ! Visitons ensemble quelques exemples de ces expressions à la con.

Je suis obligé de démarrer avec ce bien triste “Au jour d’aujourd’hui” ! Nous appelons cela une redondance… Non mais sérieusement ? Quelle tristesse ! Typiquement le genre de formule employée pour feinter une grosse réflexion de la part de son utilisateur. Nous pouvons imaginer ses pensées lors des secondes précédant son intervention “Wow, je vais dire ça, ça va faire ‘genre’ je suis quelqu’un de réfléchi et d’intelligent ! Ça va donner beaucoup de crédit à ce que je vais dire ensuite, c’est certain !”. Euh… Eh bien non mon pote, au contraire, tu passeras juste pour un con ! Peut-être que prochainement “à la veille d’hier” sera à la mode. Et que pourrait-il en être du “lendemain de demain” ?

Passons maintenant aux “Voilà !”. Un (pardonnez-moi la vulgarité de l’expression) putain de mot parasite utilisé, voire même ‘sur-utilisé’ par certains sportifs, surtout les footeux (ah bah oui, comme par hasard :-D). Ecoutez leurs interviews de fin de match : “Voilà ! Nous n’avons peut-être pas fait notre meilleur match mais voilà, l’objectif était de prendre les trois points, voilà, nous nous plaçons en bonne position pour disputer le titre. Voilà, maintenant il faut nous concentrer sur le match suivant…” Ridicule, et puis leur tronche d’abruti profond ne rattrapent pas les choses, il faut l’avouer.

S’il y a bien quelque chose qui m’agace tout particulièrement – bien plus encore que les deux formules sus-citées – c’est l’utilisation du mot “gens”. Ce mot est d’une tristesse absolue tant il est utilisé à des fins péjoratives. Vous avez remarqué que dans une très forte majorité des cas, une phrase contenant “les gens” est soit une critique, soit un moyen de considérer autrui comme quantité négligeable ? Je me souviens d’un jour de marché lors de vacances en Bretagne, il y avait du monde et ce monde piétinait par endroit. Une des personnes juste devant moi – faisant partie d’un petit groupe de jeunes retraités, ou presque – ne put s’empêcher de faire une remarque ” C’est dingue, les gens sont fous de venir s’entasser ici, on dirait que cela ne les gène pas. ” Je n’ai bien entendu pas pu m’empêcher d’intervenir – avec mon sourire de filou – ” Mais, les gens, c’est vous ! ” La dame a répondu d’un sourire bête. Car nul doute qu’elle s’est sentie bête sur ce coup. Et oui, c’est dingue comme ceux qui appellent les autres “les gens” ne se rendent compte qu’ils n’y a pas plus “gens” qu’eux-mêmes. 😀

Bon, il y a aussi ceux qui montent en haut et par la même occasion, qui descendent en bas. D’ailleurs, il arrive aussi qu’ils sortent dehors ou même qu’ils rentrent à l’intérieur. Nous ne pouvons pas leur en vouloir, après tout, c’est vrai que ce n’est pas forcément évident, j’ai déjà vu quelqu’un monter en bas… résilles. Oui, j’avoue, elle était nulle celle-ci. Ces pléonasmes sont assez idiots et ce sont loin d’être les seuls.

A côté de cela, il y a le jargon de la hype du net. A commencer par les “réseaux sociaux”, que ce terme est agaçant ! En quoi un réseau peut-il être plus social qui ne l’est déjà ? Bah si, cela rend les Facebook et autres Twitter et Instagram plus crédibles car cette appellation sonne plus savante, alors utilisons-le. Nous finirons par oublier un jour que dans le fond, ce ne sont que des immenses nid de conneries virtuels. En ces réseaux, c’est à celui qui se fera plus remarquer que les autres, celui qui va “faire le buzz”. Cette expression me donne simplement envie de foutre une tarte à celui qui l’emploie. Pourquoi ? Parce que j’aime la violence gratuite, bien évidement !

Et le “en fait” ? Celui-ci est un peu comme l’ancêtre du “Voilà !” dans le sens où il est un véritable parasite. Dans 99,99 % des cas, uns phrase contenant un “en fait” ne perdrait absolument rien de son sens si ce “en fait” disparaissait. Il ne fait que rassurer son utilisateur, donner un semblant de plus-value à ce qu’il est en train de raconter. Si cela peut le rassurer…

J’ai failli oublier le “c’est pas faux !”, ce qui ne m’attirera pas la sympathie des aficionados de la série Kaamelott. Oh qu’est ce que cette expression me gave, et pas forcément parce que je n’aime pas Kaamelott (rien à faire, elle ne me fait pas rire). Je crois que ce qui m’agace le plus, c’est que la plupart des personnes qui emploient cette formule le font systématiquement avec un sourire de benêt. Le genre de sourire qui rendrait son interprète digne de recevoir un magnifique coup de boule précédé d’un hurlement primaire (sauce Bigard). Oui, cette violence gratuite, toujours…

Il y a aussi cette façon de parler très ego-centrée. “Moi, personnellement, je…” Pas évident de s’en rendre compte mais cela équivaut à commencer une phrase par “Je, je, je…” Je suis sûr que vous avez déjà tous utilisé ce genre de formule. Moi, personnellement, je m’en suis déjà servi sans m’en rendre compte, mais pour ma part j’essaie de m’en guérir.

Malgré tout il ne faut pas considérer l’usage de ces expressions comme un motif de honte. C’est un peu comme les langages SMS et les néologismes barbares auxquels nous sommes confrontés tous les jours, nous avons beau lutter, certains finissent toujours par parasiter nos esprits purs et amoureux de la langue française. Le tout est de s’en rendre compte et de tâcher de les bannir de nos discours. C’est comme un combat cérébral à mener Wesh !