Je vous avais promis un article sur une anecdote concernant le début de Saphyra. Je compte respecter cette promesse. Quand je parlais de “début” je ne mentais pas, cela concerne le tout premier chapitre. Au cas où vous venez de débarquer sur ce blog et/ou si vous êtes tombé par hasard sur cet article, je vous redonne très brièvement le contexte: Saphyra est mon premier roman (et le seul à l’heure actuelle), d’ailleurs au moment de l’écriture de ce premier chapitre, je pense entamer l’écriture d’une nouvelle, dans mon esprit il n’est pas encore question d’un roman.

Cette expérience étant nouvelle, j’ai très logiquement opté pour la débuter dans ma zone de confort, je me suis inspiré d’une histoire vraie et pas n’importe laquelle, la mienne ! Il y a plus de deux ans, je m’étais retrouvé à la place d’Axel, rentrant de Bretagne en solo à bord de ma vieille Vectra. Lors d’un arrêt sur une aire d’autoroute, j’avais aperçu un auto-stoppeur, ce bougre avait attisé ma curiosité et je m’étais dit que je n’avais jamais pris le moindre auto-stoppeur de toute ma vie. Je vous épargne les détails lisibles dans Saphyra, ce sont pratiquement les mêmes. Toujours est-il que le Morgan du livre était ce jour là bien réel.

Je ne me souviens plus combien de temps a duré le trajet en sa compagnie mais je me rappelle que l’échange que nous avions eu avait été un régal, à la hauteur de son ouverture d’esprit bien au delà de ‘la moyenne’. A la différence de Saphyra, ce n’est pas lui qui avait posé la question du génie en premier. Il m’avait à son tour posé une autre question assez décalée que je n’ai pas retranscrit dans le bouquin pour ne pas alourdir ce passage mais que je peux me permettre d’ajouter ici: “Si une personne avait le pouvoir absolu de régner sur le Monde entier et que tu étais cette personne, que ferais-tu ?” Surpris par la question j’avais baragouiné une réponse sans intérêt, sa propre idée de la bonne réponse était en revanche surprenante: Il m’avait confié qu’il anéantirait l’Humanité.

C’est assez comique de voir à quel point certaines rencontres peuvent apporter leur lot de répercussions. Nul doute que Saphyra n’aurait jamais vu le jour si le hasard ne m’avait pas amené à croiser Morgan sur cette route; Les 30 chapitres suivants ne sont que le fruit de l’imagination liée à cette rencontre particulière. A l’instar du Morgan fictif avec celle d’Axel, le Morgan réel possède bien ma carte de visite mais il ne m’a cependant jamais contacté. J’ignore donc s’il est encore à Bratislava, comme il doit ignorer qu’il est l’élément fondateur d’un roman écrit par un illustre inconnu l’ayant accueilli dans sa voiture pour quelques heures de covoiturage. Je pourrais trouver cela dommage qu’il ne m’ait jamais recontacté, au contraire, aujourd’hui encore cela me permet de laisser mon imagination vagabonder davantage. Et si ce Morgan réel était lui aussi un annor, et s’il m’observait de loin ? Hélas je ne suis pas encore parvenu à voler.