Note: Ce texte ne comporte pas de véritable spoiler ! 😉

J’entame un article hors-série (mais pas totalement hors-sujet) à propos de la série TV médiévale fantastique américaine ‘Game of Thrones’ de la chaîne HBO (basée sur la saga éponyme de l’écrivain américain George R.R. Martin.) Lorsque je vous dis que ce texte n’est pas totalement hors-sujet, la raison en est simple : L’histoire de cette saga est d’une richesse peu commune. Mais ce qui me plait tant, c’est ce doute permanent qui s’installe au fur et à mesure que les intrigues naissent, se résolvent, s’entremêlent… Les dénouements et les effets de surprises sont souvent d’une efficacité stupéfiante. Je me suis imprégné de cette façon de surprendre dès le début de l’écriture de Saphyra. Certes à mon niveau de débutant, en tout cas nul doute que c’est GoT (ndjs: les initiales de Game of Thrones) qui m’a donné envie de favoriser sur cette caractéristique. J’ai lu une interview de George R.R. Martin qui confiait qu’il n’y avait rien de plus mauvais qu’un livre dont on connaissait déjà la fin dès la lecture des premières pages. Une phrase qui ne cesse encore de raisonner dès lors que j’écris.

De nombreux éléments de la saga sont inspirés de faits historiques et mythologiques. En bonne partie du côté de la Grande Bretagne (La carte du continent ‘Westeros’ où se déroule le gros des intrigues ressemble par ailleurs beaucoup à celle du Royaume-Uni). Les marcheurs blancs de la saga rappellent certaines légendes celtiques. Ces mêmes marcheurs blancs qui sont séparés des royaumes des hommes par un immense mur de glace, rappelant le mur d’Adrien séparant les romains d’Angleterre des celtes. Les maisons Stark et Lannister de la saga sont clairement inspirés des maisons York et Lancaster de l’Angleterre du XVème siècle. Stark et York sont deux maisons issues du Nord du territoire, Lannister et Lancaster sont deux maisons très fortunées. Ce bon vieux père Martin a su ‘relooker’ ces idées et les enrichir de manière à ce que toutes ces intrigues sans connexion flagrante forment au final un univers cohérent et riche en couleurs.

Une des grandes forces de cette série (Et il y en a: Musique, décors, costumes, script pour ne citer qu’eux.) ce sont les personnages. ils sont une multitude, énormément de secondaires un groupe de principaux mais pas de héros central. Je suis bien conscient que certains personnages ne sont pas traités de la même manière, voire n’apparaissent même pas dans la série télévisée. Dans ce que je m’apprête à écrire, je ne ferai allusion qu’à la version TV de la saga et non à la version littéraire (vous le savez, je ne suis pas un grand lecteur, et oui: … ‘Shame, shame, shame… gling gling !’). Il est difficile de ne pas s’attacher à certains personnages (voire beaucoup), cela même si leur espérance de vie est plutôt limitée tant la saga respecte une de ses devises ‘Tous les hommes doivent mourir !’. Pour mourir, ils meurent à la pelle, c’est une hécatombe, parfois même une boucherie.

Je me suis posé la question d’un top 3 des personnages de GoT. Si la nomination de mon favori était une évidence, j’ai eu un mal fou à élire mes n°2 et 3 tellement ils sont nombreux à mériter de figurer sur le podium. Même s’il n’a que peu d’intérêt, je vous le donne quand même. 😀 Mon chouchou n’est autre que Petyr Baelish (aussi surnommé Littlefinger), un personnage secondaire… Tout du moins en apparence, car il semble tirer les ficelles d’une grande partie de ces ‘jeux du trône’. Pourquoi est-ce qu’il m’a séduit dès le départ ? Parce que je le considère comme le personnage le plus futé de la saga. Il trahit, il ment pour arriver à ses fins, mais il ne s’arrête jamais. Il convoite clairement le trône mais personne ne le voit venir (à part Varys), ce qui le rend particulièrement dangereux. Il agit en prenant de gros risques mais toujours mesurés, c’est un opportuniste intelligent. Mon second coup de coeur est Brienne de Torth (encore un personnage secondaire), une femme chevalier plus grande et plus forte que le commun des soldats. J’aime sa loyauté sans faille et sa force de volonté inébranlable malgré les échecs récurrents qu’elle encaisse. J’aime aussi sa façon d’absorber stoïquement les moqueries des hommes à propos de son physique hors du commun et sa manière de les remettre à leur place par la parole ou par le fer lorsque cela est nécessaire. Je décerne ensuite la médaille de bronze (avec l’ouverture des JO tout à l’heure, il faut bien que je me remette dans le bain avec le vocabulaire consacré ! 🙂 ) à Jorah Mormont (toujours un personnage secondaire). L’ex marchand d’esclave démarre la saga d’une position ambiguë, agissant d’abord en tant qu’espion, il finit par se dévouer corps et âmes à Daenerys. c’est plus compliqué pour moi d’expliquer pourquoi ce personnage me plait. Sans doute est-ce dû à la sincérité conduisant ses agissements. Il dégage une image de criminel repenti pour lequel nous pouvons aisément faire preuve d’empathie.

Le choix était compliqué: Ils apportent tous leur touche, ils sont tous intéressants. Bronn et Sandor Clegane ‘le limier’ pour leur lucidité et leur répliques caustiques vis à vis de la bêtise que sont à leurs yeux les codes d’honneurs et la religion. Podrick Payne pour sa bonne bouille, son innocence et sa loyauté. Ver Gris et Missandei, excellents dans leur rôle de suiveur. Davos Seaworth pour sa bonté et son opinatreté. Oberyn Martell, aussi épicurien que charismatique. La maison Tyrell pour l’élégance de ses membres, et puis… Olenna, quelle force dans ses propos. Tormund, le sauvageon loyal et humain, sans doute bien moins sauvage que la plupart des civilisés des sept royaumes. Varys, car il semble incarner l’adversaire direct de Petyr Baelish dans leur bras de fer en marge de ce qu’il se passe en premier plan. Parlons d’ailleurs enfin de ceux du premier plan. Ils partagent tous un point commun: Ils jouent au yoyo avec leur capacité à intéresser. Si Daenerys Targaryen était attachante durant les premières saisons, elle s’enlise dans des scènes offrant toujours le même discours “Je suis la mère des dragons, je suis la reine légitime du trône de fer, on va aller botter des culs sur Westeros, suivez-moi !”. Arya était amusante au départ mais le manque de réalisme des scènes de cette dernière saison (ainsi que la longueur de son intrigue la saison précédente) a complètement cassé le coup. Tyrion Lannister n’a jamais perdu de sa superbe quant à son illustre sens de la répartie, il a hélas souffert d’un déficit de temps passé à l’écran que je pourrais qualifier de substantiel. A l’inverse, les jumeaux Cersei et Jamie Lannister deviennent de plus en plus captivant à suivre, eux qui étaient au départ de la saga si détestables. Sansa Stark commence enfin à abandonner son rôle de victime, quant à Jon Snow…

Bon, et vous ? Votre top 3 ?

Il ne me reste plus qu’à me trouver une activité pour patienter sagement une année entière avant la diffusion de la saison 7 (annoncée comme l’avant dernière de la série)… Tiens, pourquoi ne pas écrire un troisième livre !