Merci à ce bon vieux Marcel pour m’avoir accordé l’autorisation de reprendre ses mots pour titrer cette bafouille. Oui, je parviens parfois à communiquer avec nos amis défunts, dingue hein ! Il y a un mois je dressais une sorte de bilan de mon illustre carrière d’écrivain pas connu du tout. Un bilan mi-figue mi-raisin et aujourd’hui, j’ai bien peur que les choses n’aient pas tellement évolué. Non, je vous mens. Disons plutôt que les choses n’ont pas bougé, mais dans ma tête, c’est devenu bien plus clair. Alors oui, même si pas de mouvement apparent, tout ce beau bordel avance. Le projet d’écriture Wavrin FM me motive beaucoup. Je publie les chapitres relativement lentement, mais si si, il me motive beaucoup.

Le gros hic, c’est le temps. Je ne me répéterai pas, vous avez compris via mon article Remise en question que d’autres activités –  pro et loisirs – réquisitionnaient la majeure partie de mon temps et de mon esprit, etc etc. L’objectif d’avoir terminé Wavrin FM pour le salon du livre de Wavrin 2017 en octobre est encore jouable. Il faudra en revanche que je mette un coup d’accélérateur, car si je maintiens ce rythme de 12 pages par mois, je me pointerai là-bas avec l’équivalent d’un album de coloriage. Je ne m’en fais pas pour cela, du temps, je compte bien m’en dégager.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet de cette expérience d’écriture assez spéciale. Pourquoi spéciale ? Car écrire quelque chose au sujet de sa ville, c’est assez rigolo et en même temps dangereux. En tout cas, cela me semble dangereux. Je suis sans doute trop méfiant, je me bride certainement en termes de créativité, toujours est-il que j’évite au maximum de créer du contenu qui pourrait offenser un de mes concitoyens. Aucun de mes personnages n’est réel, et si quelqu’un s’y identifie et lui ressemble, ce n’est alors que pure coïncidence. Un véritable débat intérieur avec moi-même ! Au niveau du lâcher prise, je ne suis pas encore bon, il y a des barrières que je pourrais relever, je m’en rends bien compte : je m’empêche d’explorer certaines voies de crainte de froisser des lecteurs qui ne me liront de toute façon jamais. Alors amusons-nous !

Oui, amusons-nous ! L’idée d’écrire un roman ayant Wavrin pour décor unique était le fruit de deux envies : la première, simplement l’envie d’écrire à propos de ma ville adorée ; la seconde, une expérience de visibilité. Puis-je être unanimement reconnu comme l’écrivain local ? Je vous le confie, je n’ai aucun problème d’égo, c’est plutôt le genre d’expérience sociale qui m’a toujours passionné. Ici, je ne compte pas me cantonner à auto-publier ma prose, me pointer au salon du livre et attendre de voir ce que cela donne. Il y a bien plus à faire.

J’ai déjà pu me rendre compte que de publier une annonce sous forme de texte court sur le groupe Facebook de la commune (plutôt actif) n’avait comme répercussion qu’un fort afflux de curieux sur le coup… Puis au bout de deux jours, plus rien. Cela m’a surpris, je m’attendais à plus de bruit à terme. Surtout que – et sans vouloir les offenser – il y a une partie des membres actifs qui aiment souligner le manque de nouveauté et/ou de dynamisme à Wavrin (vous savez, généralement ceux qui aiment aussi passer leur temps à râler et/ou à dire que c’était mieux avant). Cela est symptomatique de notre société contemporaine : un matraquage constant de sollicitations à droite à gauche fait que beaucoup oublient très vite qu’un petit gars proposait un truc curieux et gratuit dans les limbes du net. A l’heure ou les grandes marques relancent leurs fidèles clients par e-mail chaque jour, pourquoi se soucier de penser à visiter tel ou tel site, ils se chargent pour nous de nous le rappeler ? Faudrait-il que je publie sur ce genre de réseau à chaque chapitre diffusé sur ma page ? Cela va à l’encontre de ma vision des choses. Je n’ai pas envie de procéder ainsi. C’est peut-être couillon hein ! Mais c’est ainsi que je procède, c’est ma marque de fabrique. Il y a d’autres moyens de faire.

Il y a quelques années, je m’étais bien fendu la poire à tenir un journal de bord des élections municipales wavrinoises, dispensant mes points de vue, sur un ton invariablement décalé. Il était modestement visité, puis le nombre de visites à explosé lorsque j’ai pondu un article croustillant (pour ne pas dire un brin ‘polémique’, voire limite ‘règlement de comptes’). L’objectif n’était bien sûr pas de drainer des visiteurs, je ressentais simplement le besoin de m’exprimer sur le sujet. Quel dommage de constater que les histoires de conflits d’intérêts et de personnes sont toujours celles qui suscitent le plus l’intérêt. Raconter à quel point une chose est belle, (presque) tout le monde s’en fiche.

J’en reviens à Wavrin FM. Plus j’avance sur l’écriture, plus je me dis qu’il faut me mettre à mélanger fictif et réel. Le 100% fictif ne prend pas, je le constate déjà. Comme dans le roman, le principe de la radio Wavrin FM est de raconter des histoires loufoques et décalées sur les wavrinois. Alors pourquoi ne pas y mêler quelques véritables noms ? Des personnalités sélectionnées et consentantes. J’ai déjà quelques idées en tête, cela pourrait avoir quelques répercussions amusantes. Bien entendu, cela resterait bon enfant, je ne vais pas commencer à écrire une rumeur sur le boulanger du coin qui s’amuserait à enlever et dépecer des jeunes collégiennes avant de les brûler dans son fournil. Restons corrects !

Le dernier point que je souhaitais aborder : le bon gros fiasco des familles niveau énigmes. Oui, nous pouvons le dire, à l’exception de Greg qui m’évite de finir Fanny, c’est un “epic fail”. Et ben vous savez quoi ? Je m’en fiche, je continue ! J’aime les jeux d’esprits, j’aime en concevoir, je ne m’en fais pas : lorsque j’aurai plus de lecteurs, il y en aura bien quelques uns dans le lot qui s’amuseront à se creuser la tête pour les résoudre.

Je rends l’antenne. Comme disent nos amis belges, à tantôt !